Le Maxi Monster Music Show à l'Européen

Publié le par laure dasinieres

Un bœuf clandestin entre freaks magnifiques dans un contexte où toute déviance, physique ou morale, est absolument prohibée…

Voilà un postulat assez scabreux tant il est susceptible de produire un résultat grand guignolesque racoleur ou simplement de l’ordre de la pure curiosité.

Mais voilà, les membres du Maxi Monster Music Show ont fait la preuve, ce mardi soir à l’Européen, de la validité du présupposé et nous ont offert une excellente surprise.

Sans décors aucun, mais avec un soin tout particulier porté aux costumes, aux accessoires, au maquillage, au jeu et à la mise en scène, ils plantent le décor d’un surprenant cabaret musical tant forain que rock dont la maîtresse de cérémonie est une poupée barbue au charme troublant dotée d’une voix remarquable, se prêtant à tous les styles musicaux, de la chanson réaliste rétro au punk déchaîné.

Réunis autour d’elle, des personnages fascinants d’étrangeté, zombie guitariste andalou, femme buste joueuse de mélodica, batteur boxeur/homme fort, pianiste double face androgyne, strip-teaseuse entièrement tatouée bassiste.

Ces sept phénomènes reclus, incarnant le scandaleux, le différent et le pourtant si familier, nous racontent des histoires d’amours mal assortis, de paradis artificiels, de fins de soirée laborieuses, des joies et des désespoirs quotidiens.

S’inspirant librement du théâtre Grand-Guignol et du cinéma fantastique des années 20-30’s, en y ajoutant tout ce qu’il faut de modernité et de décalage pour nous captiver et nous ravir, le Maxi Monster Music Show propose un show bouillonnant d’inventions et prompt à faire pétiller yeux blasés et convaincre oreilles exigeantes.

C’est qu’il opère le tour de force de conjuguer élégance scénique un tantinet baroque et qualité musicale, audace et savoir-faire théâtraux et compositions sonores abouties.

Les chansons qui se succèdent embrassent avec brio, sens du burlesque et de l’humour quelque peu noir, un joli éventail d’influences musicales, en ne laissant aucun temps mort et ne cessant de nous surprendre par leurs textes ciselés et leurs accompagnements efficaces.

Si l’on peu reprocher au monstrueux sextet de ne pas suivre une linéarité narrative qui donnerait davantage de cohérence à leur spectacle, cette réserve semble assez secondaire compte tenu du plaisir qu’il nous apporte.

Le Maxi Monster Music Show, intriguant, dynamique, généreux, subtil, souvent sensible, est un spectacle concert à classer parmi les inclassables, une « pièce » unique et savoureuse à découvrir au plus vite.

Il sera au Café de la Danse les 11 et 12 décembre, au Cuizines à Chelles, le 13 et le 6 février au Forum du Blanc Mesnil.
Publicité

Publié dans Chroniques de concerts

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
R
j'ai eu la chance d'y être aussi ... et j'ai adoré!<br /> la foire aux monstres imaginaire commun et cette pluralité musicale ...
Répondre