Papier Tigre à Mains D'Oeuvres
Selon l'expression consacrée par Mao pour désigner les Etats-Unis, un tigre de papier, c'est un animal menaçant en apparence, inoffensif en réalité...
Les Nantais de Papier Tigre sont tout le contraire, comme ils ont pu le démontrer ce jeudi soir à Mains D'Oeuvres.
En apparence, calmes et posés, ils révélent sur scène une énergie communicative, mêlée de rage et de fougue.
Le constat est là: si tigre il y a, il est dans le moteur de ce trio deux guitares/batterie/voix.

Leur second album The Begining and end of now paru en novembre dernier chez Effervescence nous avait fait, de façon immédiate, l'effet d'une grosse claque: urgence sonore, force, efficacité, sagacité des arrangements... qui consacrent une véritable réussite et ventile un paysage rock français souvent marqué par le conformisme et la facilité..
Une pépite brûlante d'indie/noisy/rock (à juste titre) encensée par la presse, des Inrocks à Libé en passant par Chronic'Art.

On était à la fois curieux et excité de voir comment la mécanique fonctionne en live...
Malgré un set qui a eu un peu de mal à se mettre en place - effets déroutants sur la voix, éclairages trop appuyés, et public d'abord un peu froid, le tigre n'a pas tardé à rugir et à bondir...!

Et, alors que cela ne saute pas forcément aux oreilles à la simple écoute du CD, on a pu déceler ce qui fait toute l'originalité et constitue la force de frappe majeure du trio:pas de basse, mais une brillante et détonnante construction du son autour d'une batterie puissante (symboliquement placée au centre alors qu'elle reste souvent cantonnée en fond de scène) qui offre, renforcée par l'harcelement d'une caisse claire par le (re) bondissant guitariste Arthur de la Grandière, une rythmique à la fois intense et ciselée, aussi bien marquée par des influences rock/hardcore que par des sonorités tribales.

Si l'on sent un énorme travail, on peut supposer que l'impro tient une place certaine et contribue à servir un son frontal mais néanmoins souple, dominé par une impression d'urgence et de spontaneité.
Le jeu guitaristique est tout aussi remarquable, tantôt sauvage, tantôt plus langoureux, toujours fort d'une belle technicité, et offre quelque chose d'à la fois élastique et hypnotisant.
Portée par ces arrangements aussi subtils que foisonnants, bouillonnants et endiablés, la voix de Pasquereau libère un chant aux variations multiples, parfois nonchalant, souvent impatient, hurlant et viscéral...
La combinaison du tout livre un son bombesque, entêtant, qu'on aime à fredonner, voire à meugler en coeur sans pour autant parvenir à déceler clairement des mélodies.

Certains dans l'assemblée demandaient "du gros son"...
Hors, malgré des tendances heavy assumées, Papier Tigre, par son inventivité, son intelligence instrumentale, sa capacité à forger de savoureux breaks, bref tout ce qui constitue une esthétique sonore palpitante, est bien incapable de servir juste du "gros son".
C'est que Papier Tigre a de l'élégance dans la violence, de la recherche et du travail dans la franchise et le naturel.
Ardents, bagareurs, adroits et rusés, Papier Tigre est sans aucun doute l'un des groupes les plus haletants et intéressants de la scène indie rock que ce soit en scène, ou sur disque!
Les Nantais de Papier Tigre sont tout le contraire, comme ils ont pu le démontrer ce jeudi soir à Mains D'Oeuvres.
En apparence, calmes et posés, ils révélent sur scène une énergie communicative, mêlée de rage et de fougue.
Le constat est là: si tigre il y a, il est dans le moteur de ce trio deux guitares/batterie/voix.

Leur second album The Begining and end of now paru en novembre dernier chez Effervescence nous avait fait, de façon immédiate, l'effet d'une grosse claque: urgence sonore, force, efficacité, sagacité des arrangements... qui consacrent une véritable réussite et ventile un paysage rock français souvent marqué par le conformisme et la facilité..
Une pépite brûlante d'indie/noisy/rock (à juste titre) encensée par la presse, des Inrocks à Libé en passant par Chronic'Art.

On était à la fois curieux et excité de voir comment la mécanique fonctionne en live...
Malgré un set qui a eu un peu de mal à se mettre en place - effets déroutants sur la voix, éclairages trop appuyés, et public d'abord un peu froid, le tigre n'a pas tardé à rugir et à bondir...!

Et, alors que cela ne saute pas forcément aux oreilles à la simple écoute du CD, on a pu déceler ce qui fait toute l'originalité et constitue la force de frappe majeure du trio:pas de basse, mais une brillante et détonnante construction du son autour d'une batterie puissante (symboliquement placée au centre alors qu'elle reste souvent cantonnée en fond de scène) qui offre, renforcée par l'harcelement d'une caisse claire par le (re) bondissant guitariste Arthur de la Grandière, une rythmique à la fois intense et ciselée, aussi bien marquée par des influences rock/hardcore que par des sonorités tribales.

Si l'on sent un énorme travail, on peut supposer que l'impro tient une place certaine et contribue à servir un son frontal mais néanmoins souple, dominé par une impression d'urgence et de spontaneité.
Le jeu guitaristique est tout aussi remarquable, tantôt sauvage, tantôt plus langoureux, toujours fort d'une belle technicité, et offre quelque chose d'à la fois élastique et hypnotisant.
Portée par ces arrangements aussi subtils que foisonnants, bouillonnants et endiablés, la voix de Pasquereau libère un chant aux variations multiples, parfois nonchalant, souvent impatient, hurlant et viscéral...
La combinaison du tout livre un son bombesque, entêtant, qu'on aime à fredonner, voire à meugler en coeur sans pour autant parvenir à déceler clairement des mélodies.

Certains dans l'assemblée demandaient "du gros son"...
Hors, malgré des tendances heavy assumées, Papier Tigre, par son inventivité, son intelligence instrumentale, sa capacité à forger de savoureux breaks, bref tout ce qui constitue une esthétique sonore palpitante, est bien incapable de servir juste du "gros son".
C'est que Papier Tigre a de l'élégance dans la violence, de la recherche et du travail dans la franchise et le naturel.
Ardents, bagareurs, adroits et rusés, Papier Tigre est sans aucun doute l'un des groupes les plus haletants et intéressants de la scène indie rock que ce soit en scène, ou sur disque!
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